Cultivez des relations positives

avec la Communication Non Violente

(ou CNV)

Article rédigé par Nadine MARIE. Paru dans 'La Gazette de l'Adhérent' de CGA Val de France (rentrée 2016)

 

Comment pouvez-vous accroître de manière significative vos compétences relationnelles et votre bien-être global ? Cela passe immanquablement par une communication constructive et authentique avec les autres.

 

 

Fondamentalement, nous avons besoin d’être reliés, c’est-à-dire nourris par des relations significatives. Pourtant, selon Jacques Salomé (psychosociologue et écrivain), « nous sommes des infirmes de la relation », car notre éducation ne nous apprend pas vraiment à communiquer (= mettre en commun) sainement autour des quatre ancrages de la relation : demander, donner, recevoir, refuser.

Avoir une bonne communication avec les autres est une des conditions de l’équilibre et du bonheur. Inversement, des relations difficiles rendent souvent la vie pénible. En entreprise, le manque de dialogue, l’incompréhension, la gestion de conflits sapent la performance individuelle et collective ; ils ont également un coût indirect non négligeable (absentéisme, turn-over, perte de clientèle qui ressent la mauvaise ambiance au sein d’une équipe…).

Voici une méthode simple à mémoriser, facile à utiliser, pour exprimer le positif… et le moins positif sans agressivité.

 

La Communication Non-Violente (ou CNV) : prévenir et désamorcer les conflits en parlant le « langage du cœur »

Le processus de Communication Non-Violente (CNV) a été fondé dans les années 1960 par Marshall B. ROSENBERG (1934-2015). Ancien élève de Carl Rogers, Docteur en psychologie clinique, et fondateur du Centre pour la Communication Non-violente (CCNV), Marshall Rosenberg a trouvé une alternative pacifique aux conflits qu’il rencontrait ; il a notamment développé à travers le monde des programmes de médiation, d’éducation en faveur de la paix (Rwanda, Proche-Orient…). Son outil est le « langage du cœur ». Pour symboliser ce langage non-violent, authentique et bienveillant, il utilisait volontiers l’image de la girafe car « de tous les mammifères terrestres, la girafe est celle qui a le plus gros cœur ». A contrario, le « dialecte chacal » est celui qui génère violence et résistance.

La CNV, c’est exprimer ce qui se passe en soi de façon acceptable pour son interlocuteur. Elle permet à chacun d’entrer en contact avec ses sentiments et ses besoins profonds pour développer une communication et une écoute de qualité. L’objectif est de transformer les différends en dialogues paisibles, et de désamorcer les conflits.

L’une des forces de la CNV est qu’elle s’applique aussi bien au sein de la cellule familiale que dans les relations de travail, les négociations internationales, le milieu carcéral, le secteur de l’enseignement…

 

 

Le processus CNV en 4 étapes : Observation, Sentiment, Besoin, Demande

Facile à mémoriser, le processus de la CNV en 4 étapes est simple mais extrêmement puissant :

1) Observation :

C’est l’expression neutre des faits. Le processus commence lorsque je décris ce que j’observe qui contribue ou non à mon bien-être. Pour être en parfaite objectivité, il est important de relier l’action que j’apprécie ou non à un lieu, une date, un contexte bien identifié. Attention à ne pas confondre observation avec interprétation, évaluation, jugement !

2) Sentiment :

Cette deuxième composante consiste à exprimer ce que je ressens en relation avec ce que j’observe. En effet, nos sentiments fournissent des informations importantes sur notre degré de bien-être. Cette étape n’est pas toujours facile, car elle nécessite de maîtriser un panel suffisamment riche et nuancé de mots exprimant les sentiments (négatifs ou positifs). Par exemple, dire que « je me sens incompris(e) » ou « critiqué(e) » n’indique pas comment je me sens réellement ; je suis alors en train d’exprimer un jugement sur mon interlocuteur au lieu d’un sentiment, d’une émotion (exemple : « je me sens triste »).

3) Besoin :

Les actions ou paroles des autres ne sont jamais la cause de nos sentiments. Derrière ces derniers se cachent nos besoins, comblés ou non. En exprimant le Besoin qui génère mon ressenti, je prends la responsabilité de ce que je ressens et j’aide mon interlocuteur à comprendre ce qui résonne en moi quand il agit de cette façon.  « Je me sens… parce que j’ai besoin de … ». Pour qu’il soit entendu, le besoin doit être exprimé de façon positive, et faire partie des besoins partagés par tous les humains (sécurité, appartenance…). Ainsi, dire que l’on a besoin de respect est trop vague car la notion de respect est à géométrie variable selon chaque individu ; il faudra alors préciser ce que l’on entend concrètement par « respect » (exemple : dire « bonjour »).

4) Demande :

Exprimer la demande qui en découle est le dernier niveau du processus. Je demande ce que l’autre pourrait faire pour combler mon besoin, pour rendre ma vie plus belle. Encore une fois, il est nécessaire d’utiliser un langage d’action positive pour exprimer à la personne ce qu’on voudrait qu’elle fasse, non ce qu’on voudrait qu’elle ne fasse pas. 

 

Exemple OSBD (Observation, Sentiment, Besoin, Demande)
Exemple OSBD (Observation, Sentiment, Besoin, Demande)

La CNV est aussi utile en situation positive pour exprimer la gratitude. Attention cependant à ne pas confondre celle-ci avec les éloges ou la récompense. Notre seule motivation est de célébrer comment le comportement de quelqu’un a enrichi notre vie. La gratitude sincère exprime 3 choses clairement : ce que l’autre a fait, comment je me sens par rapport à cela, et le besoin comblé chez moi par le comportement.

Exemple : à un salarié qui a travaillé intensément pour réussir une tâche, je peux lui exprimer comme je me sens bien quand je vois les progrès qu’il a accompli, car j’admire vraiment combien la personne a travaillé dur ; mais je n’essaie pas de la manipuler pour qu’elle continue à travailler à un rythme aussi soutenu.

 

Exemple : « Lors de la dernière réunion, tu as valorisé notre travail sur le dossier ‘Durand’. J’ai ressenti de la fierté car j’ai besoin de me sentir utile et contributif au sein de l’équipe. J’apprécie vraiment que tu y aies pensé. »

 

Avec la communication non-violente, vous améliorerez sans aucun doute votre quotidien professionnel et personnel

En permettant de se relier aux autres de manière honnête, sans jugement ni reproche, la CNV est un outil très efficace avec lequel chacun peut :

  • Améliorer l’écoute de soi, et avoir une plus grande compréhension de ses sentiments et de ses besoins non satisfaits,
  • Développer son assertivité en exprimant clairement ce que l’on veut, sans que cela soit perçu comme une exigence pour l’autre,
  • Renforcer son empathie en accueillant ce que l’autre dit, sans entendre de reproches ni de critiques,
  • Préserver ou apaiser ses relations avec son entourage,
  • Satisfaire les besoins de chacun, pour qu’il donne de bon cœur en dehors de toute motivation forcée.

 

 Nadine MARIE

 

 

En tant que Coach, j’accompagne régulièrement mes clients dans la mise en pratique de la CNV pour optimiser leurs compétences relationnelles et favoriser leur épanouissement. Pour en savoir plus, contactez-moi !